La batterie qui réinvente la chaîne de traction électrique : IBIS.
- 30 janv.
- 3 min de lecture

IBIS teste sur route une Peugeot e-3008 avec une batterie qui intègre chargeur et onduleur.
À la clé : simplification de l’architecture et gains annoncés en efficacité, poids et intégration
IBIS : quand la batterie devient un système complet de conversion électrique
L’électrification avance vite, mais une partie des gains se joue moins sur “plus de capacité” que sur l’architecture. C’est exactement le positionnement du programme R&D IBIS (Intelligent Battery Integrated System) : intégrer dans la batterie des fonctions jusqu’ici séparées — chargeur et onduleur — pour simplifier la chaîne de traction et gagner en performance.
Le point de départ : une chaîne de traction EV encore très morcelée
Dans un véhicule électrique classique, la batterie stocke l’énergie en courant continu (DC). Pour entraîner le moteur, il faut convertir ce courant en courant alternatif (AC) grâce à un onduleur. Lors de la recharge, un chargeur embarqué effectue l’opération inverse (AC → DC). Résultat : une architecture multipliant boîtiers, câblage, intégration thermique, coûts et contraintes de maintenance.
L’innovation IBIS : fusionner stockage et conversion
IBIS propose une approche radicalement différente : la batterie n’est plus seulement un “réservoir”, elle devient un système de conversion capable de gérer directement les flux AC/DC, selon le mode d’utilisation (traction, recharge, échange réseau, auxiliaires).
Techniquement, cette intégration vise :
la suppression de modules distincts (chargeur et onduleur),
une architecture plus compacte,
une meilleure optimisation énergétique via une chaîne plus courte et mieux intégrée.
Des résultats concrets : du démonstrateur au prototype roulant
Le projet a d’abord franchi des étapes de validation technologique, avant de passer à un jalon clé : un prototype roulant (Peugeot e-3008) en tests réels.
Les gains annoncés donnent une idée de l’intérêt “système” :
+10% d’efficacité (ordre de grandeur communiqué),
~-40 kg sur le véhicule,
~+17 litres d’espace libéré,
et une amélioration de puissance (ordre de grandeur communiqué) à batterie comparable.
Au-delà de l’automobile, IBIS cible aussi des applications stationnaires (stockage réseau), où la conversion et l’intégration jouent un rôle majeur dans le coût total et la maintenance.
Pourquoi cette approche compte (même hors “course à la capacité”)
IBIS illustre une tendance structurante : les ruptures de performance ne viennent pas seulement des chimies, mais de l’ingénierie d’architecture.
Moins de briques = moins de points de défaillance potentiels, moins d’assemblage, moins de dépendances fournisseur.
Une batterie “système” peut faciliter le réemploi en seconde vie si la conversion est intégrée et conçue pour la maintenance.
Un projet d’écosystème (industrie + recherche)
IBIS est aussi un bon cas d’école de R&D collaborative : Stellantis coordonne un consortium réunissant Saft (TotalEnergies), E2CAD, Sherpa Engineering, avec des laboratoires CNRS et l’écosystème académique Paris-Saclay, et un soutien public via PIA/ADEME.
Les questions qui feront la différence jusqu’à l’industrialisation
La trajectoire annoncée vise une intégration possible d’ici la fin de la décennie. Les verrous typiques à suivre :
fiabilité et tenue en environnement réel (vibration, thermique, cycles),
industrialisation et coûts,
réparabilité / sécurité, et qualification/certification,
supply chain des composants électroniques intégrés.
En résumé : IBIS n’est pas un “concept”, c’est un démonstrateur avancé qui met sur la route une rupture d’architecture. Et c’est souvent ce type d’innovation (moins visible que la chimie) qui débloque des gains importants en coût, performance et intégration.
Source principale : Stellantis – communiqué de presse : “Première mondiale : le premier prototype de véhicule équipé de la technologie d’avant-garde Intelligent Battery Integrated System (IBIS) commence à être testé en conditions réelles” (19 septembre 2025).




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